Angèle : « J’ai besoin de m’affirmer seule »

Pas tout à fait adulte, plus tout à fait enfant, Angèle nous fascine par son insolente spontanéité qui a poussé librement sur les réseaux sociaux. Ses chansons intègrent l’absurde et nous font voir la vie par le biais d’un Instagram sans filtre. Bienvenue dans son monde intérieur, où la jubilation côtoie l’angoisse.

Par Isabelle Blandiaux
Photos Emmanuel Laurent
Stylisme Pierre Daras
Make-up Mathieu de Meyer pour Dior

À la fin du mois d’octobre dernier, Angèle Van Laeken, fille de la comédienne/humoriste Laurence Bibot et du chanteur Marka (ex Allez Allez au début des années 80), soeur du rappeur Roméo Elvis, sortait le clip de son premier titre original, La Loi de Murphy (aujourd’hui, plus de 9 millions de vues sur Youtube), après avoir fait craquer beaucoup d’internautes par ses vidéos cocasses de reprises publiées sur son compte Instagram. Mise en images léchées par la photographe belge Charlotte Abramow, la chanson raconte « une journée de merde dans mon petite monde parfait ». Celle où l’on rate son tram, où sa tartine tombe au sol du côté de la confiture, où l’on va à un rendez-vous avec un morceau de salade entre les dents… Carton plein pour sa voix grave, son second degré irrésistible, son visuel esthétique et coloré, sa pop nonchalante qui se teinte volontiers de jazz, de r’n’b, de reggae.
Fast forward. Depuis lors, vu l’engouement du public, sa vie s’est accélérée : concerts qui s’enchaînent (premières parties souvent périlleuses du rappeur Damso notamment), interviews, un 2e et un 3e titres, Je veux tes yeux et La Thune, qui imposent son univers décalé en forme de critique absurde de notre mode de vie virtuel et (dé)connecté. « Mais cela part avant tout d’une autocritique », précise-t-elle.

« L’humour est mon arme face à chaque situation gênante ou embarrassante. »

Play. Du haut de ses 22 ans, alors que son album est attendu à la rentrée et que la plupart des festivals l’ont programmée, Angèle avance pas à pas dans ce rêve éveillé, aussi peuplé de doutes et de peurs, bien entourée par ses proches, son équipe et bien décidée à affirmer son identité sans rien lâcher puisqu’elle gère son projet de A à Z. « Je porte une grosse charge de pression parce que ma vie est publique mais c’est moi qui l’ai choisi. Si échec il y a, il sera public aussi. Je suis plus vulnérable, donc je suis pressée d’avancer », nous confie-t-elle. Pour sûr, elle a tout pour conquérir le monde. Virtuel et réel.

Quelle enfance as-tu eue?

J’ai eu la chance de grandir dans une maison, avec un jardin, un chien. Un truc très cool, c’est que mes parents n’avaient pas d’horaires de bureau, donc ils travaillaient tout le temps mais à la maison ou alors le soir au théâtre. Ils étaient souvent présents, on n’a pas été élevés par des nounous. J’ai appris à m’occuper toute seule pendant les vacances. Mon frère Roméo, de trois ans mon aîné, était un compagnon de jeux mais aussi de disputes. Quand on était petits, on faisait des jeux de rôles avec des peluches, on réalisait des vidéos, des films, des documentaires… J’étais sage mais pas timide. Je n’ai pas de culot, je n’ose pas faire ce qu’on me dit de ne pas faire. J’étais fofolle, un peu grande gueule. J’arrivais toujours à me faire apprécier des profs tout en faisant des conneries en douce. Idem avec mes parents. Je m’en sortais toujours mieux que mon frère, qui lui y allait dans la vraie bonne grosse connerie. Ma pire bêtise ? Ado, je suis allée en boîte pendant qu’ils dormaient. Ils l’ont su après.

Tu aimais l’école ?

Cela dépend de quelle école. Les primaires, cela allait sauf qu’à 8 ans, j’ai doublé. Un traumatisme mais je m’en suis remise. Comme je suis née en décembre, j’étais très en retard. J’ai des souvenirs d’absence totale de réflexion jusqu’à 8 ans. Une prof a même douté de ma normalité. En secondaire, j’ai fait deux ans au Collège Cardinal Mercier à Braine-l’Alleud et j’en ai un très mauvais souvenir. Il faut dire que Roméo s’était fait virer juste avant parce qu’il y vendait du shit, donc on ne me déroulait pas vraiment le tapis rouge. On a été éduqués avec une grande ouverture d’esprit et beaucoup d’humour. Ma mère a fait des films sur des travestis, des transgenres… Je sentais que cette école ne nous convenait pas, qu’elle était trop fermée, trop carrée. Après, je suis arrivée à Decroly à Uccle, et cela a été le changement de ma vie. Je pouvais m’y exprimer artistiquement.

Comment la musique est-elle entrée dans ta vie ?

J’ai commencé à jouer du piano quand j’étais petite. Mon père m’a déconseillé le solfège et m’a emmenée à 5 ans chez une prof russe, Ania. Je suis restée chez elle jusqu’à mes 18 ans. Pour moi, c’était naturel, comme d’avoir un père qui fait de la musique et une mère qui joue sur scène. Je pense que si ma mère n’avait pas été derrière, j’aurais sans doute arrêté à un moment, parce qu’il fallait être assidu, se concentrer. Dès que mes parents étaient partis, je chantais au piano, je faisais des reprises. Parce que jusqu’à 18-19 ans, j’étais incapable de chanter devant quelqu’un. Je l’ai assumé tard, après qu’une copine m’ait demandé de l’accompagner pour la fête de l’école. Elle m’a donné confiance. J’ai aussi fait des concerts avec mon père comme claviériste, quand j’étudiais le jazz à Anvers. Le succès énorme que récolte mon frère Roméo m’a également donné envie de faire mon chemin. C’est le schéma perpétuel de la petite soeur qui veut faire la même chose que son grand frère. Il a eu cette gentillesse de venir me chercher et de me faire monter sur scène parfois.

« J’ai les mêmes problèmes de confiance que tous les jeunes et je les comble sur Instagram. »

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