« The Father » nous plonge avec justesse dans les couloirs de la démence sénile

The Father
©  Photo Psychologies x Cinéart

Adapté de sa propre pièce et acclamé par la critique, le film de Florian Zeller épate tout autant par son casting magistral (Anthony Hopkins, Olivia Colman) que par la justesse de son propos sur la déroute générée par la vieillesse.

Annoncé pour la réouverture des cinémas, « The Father » raconte la trajectoire intérieure d’un homme de 81 ans, Anthony, dont la réalité se brise peu à peu sous nos yeux. Mais c’est aussi l’histoire d’Anne, sa fille, qui tente de l’accompagner dans ce labyrinthe temporel de questions sans réponses que creuse la maladie d’Alzheimer.

L’écrivain et dramaturge Florian Zeller réussit ici un coup de maître : un casting cinq étoiles pour un passage des planches à la toile qui ne déçoit pas.

Un thème essentiel et universel

La perte de repères liée à la vieillesse est un thème qui nous touche tous, et l’auteur en est bien conscient. « J’ai été élevé en partie par ma grand-mère qui a commencé à souffrir de démence sénile quand j’avais quinze ans. Tout ça ne m’est pas étranger. Mais ça n’est étranger à personne. Tout le monde doit, ou devra un jour, se confronter aux dilemmes qui se posent lorsqu’on accompagne une personne âgée. »

Un thème universel qu’il n’est d’ailleurs pas rare de croiser au cinéma, mais pas forcément sous cet angle. Avec « The Father », la maladie nous est proposée à travers les yeux du malade, dans un huis clos un peu angoissant où la temporalité et les décors s’entremêlent afin de créer une confusion profonde aussi bien pour le personnage que pour nous, spectateurs.

Un casting hors norme

Hopkins pour incarner le personnage d’Anthony, ce n’était pas un choix, mais une évidence. Une homonymie qui avait d’abord troublé l’acteur, par ailleurs directement emballé par le film, mais que Zeller avait tenu à garder. « Cela accentuait la confusion que je cherchais à entretenir entre la fiction et le réel. Je pressentais aussi que cela résonnerait en lui comme une sorte d’invitation à aller chercher des émotions très personnelles. C’était une façon implicite de convoquer son propre sentiment de mortalité. »
Tour à tour émouvant, égoïste, perdu et pitoyable, l’acteur âgé de 83 ans oscarisé pour ce rôle nous transmet ici la complexité d’un état mental encore incurable et les sentiments troublants qui en découlent.

Retenons également le jeu sobre et toujours pertinent d’Olivia Colman (La Favorite, The Crown) dans le rôle d’Anne, fille déboussolée et parfois découragée d’Antony. Tiraillée entre agacement, peur et culpabilité, Olivia parvient à nous faire éprouver cette sensation terrible de perdre peu à peu quelqu’un que l’on connait intimement.

Musique, jeu d’acteurs, dialogues, décors, narration… La moindre scène de « The Father » est bouleversante de justesse et réveillera des souvenirs enfouis chez chacun d’entre nous, c’est certain.

Cet article a été réalisé en étroite collaboration avec Cinéart. 
cineart.be

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